Un Baiser pour des Reines . Морган Райс. Читать онлайн. Newlib. NEWLIB.NET

Автор: Морган Райс
Издательство: Lukeman Literary Management Ltd
Серия: Un Trône pour des Sœurs
Жанр произведения: Героическая фантастика
Год издания: 0
isbn: 9781640294868
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…” Sebastian eut l'impression que le monde s'arrêtait de tourner. Il resta bouche bée et son épée tomba de ses doigts gourds quand le choc le frappa. Quelqu'un avait assassiné la Douairière ? Sa mère était morte ?

      Le chagrin le submergea et l'horreur pure de ce qui s'était passé le remplit. Sa mère était morte ? C'était impossible. Elle avait toujours été là, aussi inébranlable qu'un roc, et maintenant … elle était morte, on la lui avait arrachée en un instant.

      Immédiatement, les hommes se ruèrent sur lui pour l'attraper et des bras l'immobilisèrent des deux côtés. Sebastian était trop choqué pour ne serait-ce que se débattre. Il ne pouvait le croire. Il avait cru que sa mère vivrait plus longtemps que tous les occupants du royaume. Il avait pensé qu'elle était si forte, si rusée que rien ne pourrait mettre fin à ses jours. Or, quelqu'un l'avait assassinée.

      Non, pas quelqu'un. Il n'y avait qu'un coupable possible.

      “C'est Rupert qui l'a fait”, dit Sebastian. “C'est Rupert qui —”

      “Arrêtez de mentir”, dit le capitaine des gardes. “Devrais-je croire que c'est une coïncidence si je vous trouve armé au palais si peu de temps après la mort de votre mère ? Prince Sebastian de la Maison de Flamberg, je vous arrête pour l'assassinat de votre mère. Emmenez-le dans une des tours, les gars. J'imagine qu'ils voudront le juger pour ce qu'il a fait avant de l'exécuter comme le traître qu'il est.”

      CHAPITRE DEUX

      Angelica était bien sagement assise dans le salon de la maison de ville de Rupert, aussi parfaitement apprêtée que les fleurs qui trônaient sur le manteau de la cheminée. Elle écoutait le prince aîné du royaume se laisser aller à la panique tout en essayant de ne pas montrer son mépris.

      “Je l'ai tuée !” cria-t-il en faisant les cent pas les bras largement écartés. “Je l'ai vraiment tuée.”

      “Criez-le un peu plus fort, mon prince”, dit Angelica, incapable de contenir entièrement le mépris qu'elle ressentait. “Je crois qu'il y a des voisins qui ne vous ont peut-être pas entendu.”

      “Ne te moque pas de moi !” dit Rupert en la montrant du doigt. “Tu … c'est toi qui m'as poussé à le faire.”

      Quand Angelica entendit ces paroles, elle sentit une petite peur s’insinuer en elle. Elle ne voulait surtout pas être la cible de la colère de Rupert.

      “Et pourtant, c'est vous qui êtes couvert du sang de la Douairière”, dit Angelica avec une légère nuance de dégoût. Ce n'était pas le meurtre qui l’écœurait : la vieille folle avait mérité ça. C'étaient simplement l'inélégance de la manœuvre et la stupidité de son futur époux qui la dégoûtaient.

      Rupert eut soudain l'air furieux puis il se regarda comme s'il voyait le sang qu'il avait sur la chemise pour la première fois. Elle était tachée en rouge comme pour mieux aller avec son manteau. Alors, Rupert eut à nouveau l'air désemparé. C'est étrange, se dit Angelica. Était-il possible que Rupert regrette vraiment d'avoir fait du mal à la Douairière ?

      “On me tuera pour ça”, dit Rupert. “J'ai tué ma mère. J'ai traversé le palais couvert de son sang. On m'a vu.”

      La moitié d'Ashton avait dû le voir car il avait sûrement parcouru les rues de la ville dans cet état. Au moins, on pouvait le féliciter d'avoir porté un manteau pendant cette partie du trajet. En ce qui concernait le reste … eh bien, Angelica s'en occuperait.

      “Enlevez votre chemise”, ordonna-t-elle.

      “Tu ne me donnes pas d'ordres !” dit Rupert en se tournant vers elle d'un air agressif.

      Angelica resta calme mais s'exprima avec plus de considération en essayant de calmer Rupert comme il le voulait visiblement. “Enlevez votre chemise, Rupert. Il faut qu'on vous nettoie.”

      Il le fit et se débarrassa aussi de son manteau. Avec un mouchoir et un bol d'eau, Angelica nettoya les taches de sang qui restaient pour effacer autant de traces de violence que possible. Elle sonna une domestique, qui arriva avec des vêtements propres et emporta les autres.

      “Voilà”, dit Angelica quand Rupert fut habillé. “C'est mieux, n'est-ce pas ?”

      A sa grande surprise, Rupert secoua la tête. “Cela n'efface pas ce qui s'est passé. Cela n'efface pas ce que je vois là-dedans, là-dedans !” Il se frappa le côté de la tête du plat de la main.

      Angelica lui prit la main et lui embrassa le front aussi doucement qu'une mère l'aurait fait à son enfant. “Vous ne devez pas vous faire de mal. Vous m'êtes trop précieux.”

      “Précieux” était une façon de le dire. Elle aurait aussi pu choisir “nécessaire”. Angelica avait besoin que Rupert soit en vie, au moins pour l'instant. Il était la clé avec laquelle elle déverrouillerait les portes du pouvoir et il fallait qu'il soit indemne pour cela. Jusqu'à présent, elle l'avait contrôlé sans difficulté mais tout cela était … inattendu.

      “Tu me perdras bientôt”, dit Rupert. “Quand ils trouveront ce que j'ai fait …”

      “Rupert, je n'ai jamais vu une mort vous faire un tel effet”, dit Angelica. “Vous avez combattu à la guerre. Vous avez commandé des armées qui ont tué des milliers de personnes.”

      Il avait aussi combattu et tué des gens pour des causes dont l'évidence laissait un peu plus à désirer. Dans la vie, il avait fait souffrir plus que sa part de gens. D'après ce qu'Angelica avait entendu dire, il avait fait des choses qui auraient écœuré la plupart des gens mais sans que le monde ne le sache. Pourquoi une mort de plus poserait-elle problème ?

      “C'était ma mère”, dit Rupert comme si cela expliquait tout. “Ce n'était pas une paysanne quelconque. C'était ma mère et la reine.”

      “C'était votre mère mais elle allait vous voler votre droit de naissance et vous exiler”, signala Angelica.

      “Quand même —”, commença Rupert.

      Angelica le prit par les épaules en souhaitant arriver à lui mettre un peu de plomb dans la cervelle. “Il n'y a pas de quand même”, dit-elle. “Elle allait tout vous prendre. Elle allait vous détruire pour tout donner à son fils —”

      “Je suis son fils !” cria Rupert en repoussant Angelica. Angelica savait qu'elle aurait dû avoir peur de lui à ce moment-là mais, en vérité, elle n'avait pas peur du tout. C'était elle qui maîtrisait la situation, du moins pour l'instant.

      “Oui”, dit Angelica. “Vous êtes son fils et son héritier et elle a essayé de vous prendre tout cela. Elle a essayé de le donner à un homme qui vous aurait fait du tort. C'était quasiment une réaction de survie.”

      Rupert secoua la tête. “Les gens ne … ils ne le verront pas comme ça. Quand ils apprendront ce que j'ai fait …”

      “Pourquoi devraient-ils l'apprendre ?” demanda Angelica sur un ton parfaitement raisonnable en prétendant ne pas comprendre. Elle se dirigea vers un des sofas, s'y assit et prit une coupe de vin frappé. Elle fit signe à Rupert de faire de même et il but le sien si vite qu'il dut à peine en sentir le goût.

      “Des gens m'auront vu”, dit Rupert. “Ils devineront d'où venait le sang.”

      Angelica n'avait pas pensé que Rupert serait aussi stupide. Elle avait pensé qu'il était bien évidemment un imbécile, sinon même un imbécile dangereux, mais pas à ce point.

      “Les gens, cela s'achète, se menace ou se tue”, dit-elle. “On peut les distraire avec des rumeurs ou même les persuader qu'ils se sont trompés. J'ai des serviteurs qui surveillent ceux qui parlent contre vous et tous ceux qui le font seront réduits au silence ou ridiculisés et donc ignorés.”

      “Quand même —”, commença Rupert.

      “Vous